Les peintures Jazz de Jp de Cayeux
Ma rencontre avec JP de Cayeux
C’est en cherchant des vinyles de jazz que j’ai rencontré JP de Cayeux. J’avais cru comprendre, au téléphone, que j’avais affaire à un Jazz & Blues Lover qui se séparait de ses disques en double. Ni une ni deux, en véritable digger, j’enfourche mon scooter et pars à la chasse au trésor, sans oublier de glisser dans ma poche une copie de l’excellent premier album du Sébastien Chaumont Quartet que j’ai produit. Automne au soleil de plomb, sans feuilles mortes sur la Côte d’Azur, m’empêchant de fredonner les paroles de Prévert. Pas grave, je siffloterai Blue Bossa dans mon casque.
J’arrive enfin à destination devant une super baraque qui tient plus du château. La maison est entourée d’une jungle verdoyante, complice des vagues toutes proches. Bref, un coin de paradis.
Un monsieur énergique et souriant, d’environ 70 ans, m’attend sur le perron de pierre. Nous entrons dans une pièce gigantesque où s’entasse un bric-à-brac hétéroclite : vinyles, magnétophones à bandes, platines K7, pinceaux, peintures, outils en tout genre… Sur une table à tréteaux au centre, une dizaine de bacs remplis de vinyles. Partout sur les murs, des peintures et dessins, petits ou grands, toujours sur le thème du jazz, attirent mon regard, qui n’arrive plus à se concentrer sur les vinyles défilant pourtant sous mes doigts avertis.
Plus tard, alors que je termine le dernier bac, le monsieur revient avec une grande pochette à dessin et me laisse découvrir toute une série où il s’est amusé à imaginer des couvertures de 33 tours qui lui tiennent à cœur. Ce sont ces dessins que je vous présente aujourd’hui. Car en plus de collectionner les vinyles, JP de Cayeux connaît chaque chorus, chaque thème, et tout un tas d’anecdotes sur les jazzmen. Bref, j’ai compris que j’étais tombé chez un Jazz Mag authentique à lui tout seul.
Le courant passe et nous grimpons dans ses appartements. Dans une pièce au style début 60, tapissée de 33 tours, nous écoutons, à fond les ballons sur d’énormes Cabasse, le disque du Sébastien Chaumont Quartet. Dès les premières notes, il a le coup de cœur. Là, j’en apprends un peu plus sur mon hôte : JP de Cayeux a été pendant de longues années fresquiste et a habillé les plus belles maisons et boutiques de la Côte d’Azur. Passionné de jazz depuis toujours, il a également réalisé une série de dessins autour de L’Écume des jours de Boris Vian.
J’espère bientôt vous en présenter quelques planches sur ce site. En fait, JP de Cayeux est une véritable usine à gaz qui ne s’arrête jamais. Je lui donnais tout au plus 75 ans, il m’apprend qu’il en a 90 et qu’il compte bien être centenaire, ce dont je ne doute pas. Mince, il m’épate de plus en plus ! Et, au lieu de s’arrêter là, il m’offre d’utiliser ses dessins. Les voilà donc aujourd’hui, en attendant d’en retrouver peut-être, qui sait, sur quelques vinyles un jour prochain.
Merci JP de Cayeux.
César Valentine