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Poème en pentasyllabe écrit à l'improviste
en souvenir d'un cours suivi sur Maurice Merleau-Ponty

 

Le dieu qui voit tout
Alors ne peut voir
Ce que l'homme debout
Devine dans le noir

 

Car l'oeil qui perçoit
Sait cet au-delà
Qui n'apparaît pas
Dans l'objet qu'il voit

 

Et dieu tout puissant
N'est que solitude
Car l'homme impuissant 
Est infinitude

 

 

César Valentine
2020

 

 

 

Lecture phénoménologique 
Chez Merleau-Ponty, voir n’est jamais saisir tout d'une chose, mais c'est voir quelque chose en tant que cette chose excède toujours ce qu’on en voit. La part qui se retire (ce qu'on ne voit pas de l'objet qu'on voit) fait jouer l’invisible dans le visible. D’où les renversements : l’omnivoyance divine sature et isole, tandis que le regard humain, limité, ouvre : il devine dans le noir ce surplus qui déborde l’objet (de sorte que cette impuissance équivaut à une infinitude). Ce constat met en jeu les couples : visible/invisible, totalité/manque, saturation/ouverture.

 

 

 

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